Les
spywares ou espiogiciels
envahissent nos ordinateurs !
Ces petits programmes informatiques se
multiplient via les
programmes diffusés et téléchargeables
sur Internet (freewares et
sharewares) mais également sur les CD-ROM et DVD. Certains
logiciels
propriétaires sont porteurs de spywares.
Ces
spywares ont pour objectif d’espionner le comportement de
l’
internaute
et de transmettre ensuite, à son insu, les
informations
collectées
aux créateurs et éditeurs de logiciels afin
d’alimenter une
gigantesque
base de données.

Face à la loi sur la
confiance dans l’économie numérique
(LEN)
du 21 juin
2004 et à la loi
Informatique et Libertés (LIL) du 6 janvier
1978 refondue
en juillet 2004, quels sont les enjeux
juridiques liés à la
prolifération de
tels logiciels espions ?
*L’absence
de consentement de l’internaute «
infesté » par un
spyware !
Les créateurs des spywares
ou les éditeurs déclarent que les
spywares
sont légaux.
Lorsqu’une personne décide de
télécharger un
logiciel
principal gratuit, la licence
d’utilisation contient une
indication sur la
présence d’un
éventuel spyware. L’utilisateur installe donc le
spyware
sur son ordinateur en toute
connaissance de cause.
A priori ces spywares ne posent donc
pas de problèmes
juridiques : les
internautes y ont
préalablement consenti.
Mais en réalité
rares sont les internautes totalement au fait
de la
présence des spywares sur
leurs ordinateurs.
Le consentement
éclairé nécessaire avant toute
conclusion d’un
contrat
(même à titre
gratuit) et tout traitement automatisé
d’informations à
caractère personnel peut
être remis en cause : le plus
souvent, ces
clauses sont écrites en tout
petit et en anglais voire
illisibles ou
absentes.
Le
spyware n’est pas en soi illégal mais il le
devient dès
lors qu’il n’y a
pas
eu de consentement exprès de l’utilisateur, comme
le
rappelle
régulièrement
De plus, la loi Informatique et
Libertés instaure des obligations
pour les
responsables des traitements
automatisés d’informations à
caractère
personnel et des droits pour les
personnes fichées. L’article
226-16 du
Code pénal énonce
que « Le fait, y compris par négligence, de
procéder
ou de faire procéder
à des traitements automatisés
d'informations
nominatives sans qu'aient
été respectées les
formalités
préalables à
leur mise en oeuvre prévues
par la loi est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 45 000 euros
d'amende. » Le projet de
loi
concernant la refonte de LIL
prévoit que l’amende peut
atteindre 300 000
euros (article 14).
Les responsables ont
l’obligation d’informer préalablement
les
personnes auprès desquelles
sont recueillies ces informations
nominatives (article 27 de la loi du 6
janvier 1978 ; article
32 de
version 2004). Il doit par exemple les
informer du caractère
obligatoire
ou facultatif des informations
demandées, de l’identité
dudestinataire, de l’existence d’un droit
d’accès et à rectification. La
plupart
du temps, ces informations ne figurent
nulle part lorsque la
personne
télécharge en
même temps un logiciel et un spyware. Tout
manquement à
cette obligation constitue une
infraction. Cette infraction
est caractérisée
par le fait que l’internaute
n’est pas au courant de
l’existence sur son
ordinateur de ces petits programmes
informatiques espions qui
enregistrent ses moindres faits et
gestes sur son ordinateur
et sur
Internet. Il n’a pas
été informé par le responsable du
traitement automatisé des
informations à caractère personnel.
*La
violation de la vie privée de l’internaute et la
collecte
illégale d’
informations
à caractère personnel
Chacun a droit au respect
de sa vie privée (article 9 du Code
civil). Or, les
spywares installés sans le
consentement des internautes
violent sans
conteste leur vie privée en
collectant des informations à
caractère
personnel.
Les données à
caractère personnel ainsi que leur traitement et
collecte
sont définis dans la loi
Informatique et Libertés. Les données
personnelles
permettent d’identifier la
personne concernée (article 4
de
article 2 de
relatives à la vie
privée de la personne.
Dans quel pays vit
l’internaute ? Quels types d’achat effectue-t-il
sur
Internet ? Quels sont les sites
visités quotidiennement ?
Combien de fois
lance-t-il un logiciel de peer-to-peer
par jour ? Autant de
questions que le
spyware installé sur un
ordinateur est à même de répondre.
Des spywares ont d’ailleurs
été détectés dans des
logiciels
d’échanges de
fichiers peer-to-peer tels que KaZaA.
Ces logiciels de
stockage et de
diffusion de musique contiennent un
espiogiciel qui envoie la
liste
complète de tous les
fichiers MP3 stockés sur le disque dur de
l’utilisateur
sans que celui-ci s’en rende
compte. Les destinataires des
données
peuvent ainsi constituer un fichier
à des fins publicitaires
sur les
habitudes de
téléchargement, les centres
d’intérêts, les
achats effectués
sur

Ces
données personnelles sont cédées
à des régies
publicitaires qui les
utilisent
pour leur activité d’envoi de messages
publicitaires
sous forme
de
pop-ups (pour plus d’informations, voir l’article
sur La
légalité des pop-
ups),
pop-unders et emails (phénomène du spamming).
Il est bon de rappeler que
(article 22). Il
s’agit de l’application du régime de
l’opt-in.
L’internaute doit avoir consenti
préalablement à l’envoi de messages
publicitaires.
Or, dans le cas des
spywares, les bases de données sont constituées
à
partir des
informations dont le traitement
n’a pas été consenti par les
personnes
concernées. Elles ne savent
même pas que des informations les
concernant circulent sur
Internet.
Ces bases de données sont cédées à des entreprises qui envoient des messages publicitaires non autorisés.
Les adresses électroniques
des personnes n’ont pas été
recueillies
directement par les entreprises.
L’envoi de ces messages
publicitaires
non sollicités via des
emails peut donc poser des problèmes et
être
sanctionné pour non respect
du régime de l’opt-in.
Ces spywares collectent toutes sortes
d’informations qui
peuvent
dépasser la simple
utilisation à des fins commerciales et
publicitaires.
Certains spywares sont capables de
connaître la configuration
exacte de l’
ordinateur, le contenu du disque dur
sur lequel se trouve les
mots de
passe et le carnet d’adresse
contenant les adresses mails de
tiers. Ces
mots de passe et le carnet
d’adresse peuvent ainsi être
envoyés via
Internet au créateur du
spyware sans que l’utilisateur ne s’en
rende
compte.
Même si c’est
l’utilisateur qui installe lui-même le programme
espion, il ne
le fait pas en connaissance de cause ;
le programme espion est
introduit à
son insu dans son système
informatique. Tout ceci constitue
une véritable
violation de la vie privée.
Cette intrusion dans le système
d’autrui n’est
pas à négliger.
Il faut savoir que
l’intrusion dans un système informatique
contenant des
données personnelles est
punie pénalement.
renforcement des peines en la
matière. En effet, l’article
323-1 du Code
pénal énonce que
le "fait d'accéder ou de se maintenir,
frauduleusement,
dans tout ou partie d'un
système de traitement automatisé de
données est
puni de 2 ans d'emprisonnement et 30
000 euros d'amende".
Si l’on considère
que l’ordinateur d’un internaute contient
des
informations personnelles qui lui sont
propres mais aussi des
informations
personnelles sur des tiers,
l’article L321-1 du Code pénal
pourra être
appliqué.
L’internaute infesté pourrait très bien
avoir créé
un site Web qui
effectue un traitement
automatisé d’informations personnelles.
De même,
il ne faut pas oublier que de nombreux
ordinateurs
professionnels qui
effectuent notamment le traitement de
données personnelles,
peuvent
également être
infestés par des spywares.
Les créateurs de spywares
vont de plus en plus loin. La
polémique autour
de « Did They read it ?
» a fait couler beaucoup d’encre. Ce
logiciel espion
a été mis en
vente par la société Rampell Software.
L’expéditeur d’un
email, abonné à
ce logiciel espion, peut ainsi connaître le
moment où l’
email a été lu,
pendant combien de temps et dans quelle zone
géographique il a
été ouvert, quelle est l’adresse IP du
destinataire dudit
email, si ce dernier a
été forwardé à un tiers.
Le profilage ne se limite donc plus au
comportement des
internautes sur
Internet mais il concerne
désormais le simple lecteur d’un
email.
Dans un communiqué du 22
juin 2004,
espion était totalement
illégal en France. Il s’agit, en
effet, d’« une collecte
frauduleuse, déloyale ou
illicite de données nominatives » (article
25 de
LIL
article 226-18 du Code
pénal, les utilisateurs de ce logiciel
encourent une
peine de 5 ans
d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende.
Les
sanctions sont lourdes en cas de collecte déloyale
d’informations à
caractère
personnel car elles peuvent aller jusqu’à 1,5
millions d’euros d’
amendes
pour les personnes morales.
Ce principe de loyauté est
extrêmement important. C’est la
raison pour
laquelle
condition de
licéité des traitements de données
à caractère
personnel.
Par ailleurs,
limiter au maximum
l’exploitation commerciale et publicitaire
du profilage
sur Internet.
L’arsenal
juridique français et
surtout belge actuel n’ont pas de loi spécifique
« anti-spyware » mais permet
toutefois de sanctionner les
dérives de ces logiciels espions.

Télécharge ici un anti-spyware !
Les
spywares prolifèrent. Il convient d’être
vigilant
notamment lorsque l’on télécharge
un logiciel gratuit sur Internet. Par ailleurs, il
faut savoir que ce
n’est pas parce que l’on décide de
désinstaller le logiciel
téléchargé que
le spyware disparaîtra. Il
est nécessaire de les détruire via
des programmes
anti-spywares.